Dans un univers façonné par des dragons divins, ou moult races et magies se côtoient, venez prendre part a la grande fresque de cet univers (NC-18 pour les thèmes abordés)


[Flashback] Rencontre au sommet [Ft. Ezaelle]

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Erob




Rencontre au sommet
Un ciel grisonnant, typique des basses latitudes du continent, alors qu'un vent frais et vivifiant s’immisçait par les interstices des briques de la bâtisse ou des carreaux pour venir réveiller les braves gens en train de dormir. Certains se rendormaient tout de suite après ce petit réveil forcé, mais ce n'était pas le cas de Gildur. Le climat de tension qui reignait depuis leur arrivée dans la cité de Crydee n'aidait pas le nain à dormir sereinement. Ainsi, se frottant les yeux et passant ses mains dans le bac d'eau gelé glissé à coté de la commode pour s'éponger le visage, il regarda la cité à travers les fenêtres de sa chambre.

Ils avaient été installés dans un des forts les plus cossu de la capitale humaine, même s'il ne faisait aucun doute que jamais les Goréens ne faisaient cela par hospitalité. Mais pour signer un cesser le feu, il était important que chaque pays fasse de son mieux pour montrer sa supériorité afin de pas devenir le pays qui abdique, mais celui qui impose. Bien sur son roi, Aaron, jouait avec le roi Gardan Kryos à ce petit jeu là, pour le Champion ca n'avait guerre d'importance. Deux jours qu'ils étaient arrivés, et la seule envie du nain était simplement de rentrer chez lui. Mais il devait tout faire pour protéger son Roi, et s'assurer du bon déroulement des négociations.

Cependant, aujourd'hui n'était pas prompt à la hâte. En effet, depuis plusieurs jours le roi ne faisait qu'envoyer des émissaires parlementer avec les nains, et Aaron avait pris le pli  de ne les recevoir qu'en début d'après midi pour que le noble humain comprenne bien que ne pas venir au sommet était un manque de respect, et qu'il n'en ferait pas moins.

Ainsi donc après un brin de toilette, le nain sorti de la chambre vétu d'une tunique brune et de son tabard, en direction des extérieurs du château, dans les jardins où il aurait au moins le loisir de se ressourcer, de penser à autre chose qu'a ces climats de guerres incessantes. Entre ceux là, et la présence de Vaessar qui pouvait resurgir à tout moment, souffler l'aidait.

Pourtant, à peine était-il sorti de l'arcade donnant sur la cour intérieure qu'il heurta quelqu'un, sans violence, mais qui le fit s'excuser immédiatement, avant de relever les yeux et d'observer une femme dont la carrure, la prestance, et l'allure de si bon matin ne pouvait rien présager de bon. Lorsqu'il reconnu son visage comme était celui de la princesse de Gor : Ezaelle, le nain se retenu alors de soupire, sachant pertinemment que ce matin là s’annonçait tout sauf tranquille.

Dans la ligne droite de la politesse propre aux nains, il s'inclina et dit alors :

- Majestée, veuillez m'excuser. Je ne vous ait pas vu arriver, j'étais perdu dans mes pensées. J'espère que vous ne prendrez pas cela comme une atteinte personnelle.


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Message par Gildur Talhammer le Ven 25 Mai - 22:53
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Gor


Ezaelle inspirait le respect, l’admiration, un soupçon de crainte aussi. Elle était ce genre de personnes qui rayonnaient littéralement d’autorité et le peuple tendait donc à s’écarter prudemment sur son passage pour mieux lui offrir des courbettes. Elle y était tant habituée qu’elle ne les voyait plus vraiment ces haies d’honneurs serviles, c’était tellement naturel que quand bien même elle vit quelqu’un venir dans sa direction elle ne se soucia pas de l’esquiver. Personne ne marchait sur son chemin… mise à part cet impudent manifestement.

Leur allure modérée rendit le choc plus symbolique que brutale, mais quand bien même, la princesse en fut choquée. Qui blâmait entre le nain et ses gardes du corps qui avait laissé un individu lui rentrer dedans sans réagir ? En fait, son interlocuteur était déjà en train de s’excuser que ces protecteurs semblaient toujours un peu hébété.

Écoutant les excuses du nain, elle songea brièvement que c’était ironique que quelqu’un de si petit ne soit pas capable de voir quelqu’un d’aussi Grand qu’elle, mais elle s’abstint de formuler cette petite pensée raciste à voix haute pour autant. Elle était là en mission diplomatique, ce n’était pas le moment de s’attirer les foudres d’un dignitaire.

Aussi, en dépit de son agacement pourtant profond, elle se vêtit de son sourire le plus radieux et conciliant, ayant l’air d’une femme douce et aimable pendant l’espace d’un instant.

« Allons, ne vous angoissez pas, je sais bien que ce n’était là qu’un fâcheux incident et pas une vicieuse agression. L’Honneur des nains est célèbre dans tout Fylog après tout », minauda-t-elle, maniant la flatterie comme certains manient leurs épées.

Maintenant qu’elle avait eu le temps de poser un regard plus marqué sur la personne qui lui faisait face, elle remarqua le tabar, le symbole. Ce n’était pas juste un gratte papier qui faisait office de secrétaire pendant la mission diplomatique. C’était un champion, LE Champion des nains. Le guerrier le plus réputé.

Peut-être que son rentre dedans – sans mauvais jeu de mot – était un signe des dieux finalement. Vive d’esprit, la princesse ne laissa même pas le temps d’approuver ses dires, d’un geste de la main, elle congédia ses gardes du corps qui la regardèrent incertains.

« Tout le monde ici sait que je ne tolère pas la médiocrité, que mon père m’en fasse envoyé des nouveaux, des capables de me protéger et pas des mollusques trop lent pour arrêter une personne qui marche tranquillement », siffla-t-elle cassante tandis qu’ils encaissaient ses remontrances sans dire un mot. Oui, la position était prestigieuse, mais personne jusque là n’y était resté assez longtemps pour jouir du privilège d’être son garde du corps. Ceci dit, elle attendait d’habitude pour ces caprices d’être au château, entouré de plus de gardes qu’il n’y avait de chandelier.

« Mais… Votre Altesse… votre sécurité... »

C’était là, toute la subtilité de son choix car elle fit un grand sourire au nain qui l’avait percuté et qui n’allait pas refuser de s’amender.

« Allons bon, ne reconnaissez vous pas le Grand Champion des nains ? Je suis en compagnie du meilleur guerrier d’Erob il ne peut rien m’arriver n’est-ce pas ? »

Le n’est-ce pas s’adressait à Gildur sur lequel elle avait posé son regard de biche. Une biche dangereuse, prédatrice, dont les airs mielleux ne parvenaient pas à dissimuler la vrai nature. Oui, elle confiait sa sécurité à un nain, une créature inférieure, un ennemi. Mais Ezaelle savait très bien que c’était un pied de né. Si jamais il lui arrivait quoi que se soit alors qu’elle venait de publiquement se placer sous sa protection, cela serait un prétexte de guerre. Et toute pleine d’animosité qu’elle soit, personne n’y trouverait rien à redire.

Non, maintenant, il était coincé avec une princesse insupportable, et elle avait un interlocuteur pour ensuite mieux approcher Aaron qui ne voulait pas jouer le jeu et recevoir les émissaires.
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Message par Ezaelle Kryos le Lun 28 Mai - 13:45
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Erob




Rencontre au sommet
La première chose que nota le nain était l’usage parfaitement maitrisé des bons adjectifs de la part de la princesse pour tenter de mettre le nain  mais à l’aise même si la phrase sonnait comme un apaisement. Ou alors peut être que le Champion avait déjà de trop gros aprioris sur la famille royale de Gor. Mais il ne pouvait en être autrement. Un historique bien trop large et une réputation bien trop vile précédait le nom de Kryos… Mais loin de lui l’idée de perdre la face devant elle, il lui sourit et répondit d’un ton très serein :

- Ne vous en faites pas Altesse, l’angoisse n’est pas d’ordre ici. Ne sommes-nous pas justement tous ici pour trouver un semblant de paix ? Je ne fais que présenter les excuses que je me dois d’avoir.

Croisant les bras, il regarda l'impétueuse princesse congédier ses gardes sans le moindre remords. Restant impassible et n’ayant aucune envie de se mêler de la sécurité de la princesse Ezaelle, il pouvait en plus trouver la remarque de cette dernière assez juste. Mais de la à se passer de toute protection… Soit cette jeune femme était très intrépide, soit elle avait un léger problème de témérité.

Cependant elle se mit à lui sourire et… Le prendre à parti pour sa protection. Réussissant à contenir l’agacement qui venait de naître en lui, le nain se contenta de hausser son sourcil. Quelle saloperie. Sous ses airs minauds, elle venait tout simplement de lui donner la responsabilité de sa protection, surtout qu’il était indirectement responsable de l’incident qui avait conduit à l’abandon de ses gardes… Bordel de merde.

Néanmoins, si tel était le jeu, il pouvait bien tenter de la prendre à son propre jeu. Il dit alors, et publiquement devant les gardes :

- Très bien, vous avez parfaitement raison ! D’ailleurs, il se trouve que j’ai eu pour ordre de mon altesse d’aller immédiatement faire état de nos chevaux et nos rampants.

Avait-on besoin de dire que cela signifiait probablement salir bottes et braies dans des enclos souvent boueux avec des animaux pas toujours très propres ?

- Et je pense qu’en tant que fille de lord Gardan, hôte de ces traités de paix et qui doit donc y tenir particulièrement à coeur, vous ne pouvez décemment que vous aussi vouloir vous assurer que tout se passe pour le mieux. De cette manière nous resterons ensemble et je pourrais vous protéger Altesse. Prenons alors le chemin des enclos, je suis votre obligé.

Il se doutait fortement qu’elle le lui ferait payer. Mais si le jeu d’aujourd’hui était lancé sur ces règles, Ezaelle allait devoir apprendre qu’elle n’était pas la seule à savoir y jouer.



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Message par Gildur Talhammer le Mar 29 Mai - 16:10
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Gor


Sans se départir de son sourire, Ezaelle emboîta le pas à son interlocuteur. C’était difficile avec les nains de savoir si l’affront subtile qu’il lui faisait en l’entraînant vers le crottin des écuries était calculé où une simple coïncidence, lié à leur naturel moins… précieux. Malgré leur société florissante, leur économie, leur technologie qui faisait d’Erob une des puissances de Fylog, Ezaelle avait été bercé d’histoire à leur sujet, elle se drapait dans sa supériorité culturelle s’estimant fort plus civilisée. Mais c’était une politicienne et une femme avisée. Dans le doute elle pariait que oui. Au pire, son excès de paranoïa lui ferait voir des affronts imaginaires qu’elle s’efforcerait de contrer, au mieux elle ne se laisserait pas marcher sur les pieds.

Drôle de diplomatie quand même que de concourir à celui qui ennuierait l’autre le plus. Mais c’était en soit un étalage de puissance, une comédie ridicule qui, dans son microcosme incarnait ce qui se jouait à plus grande échelle.

Les chevaux et les Rampants donc. Soit. Elle n’avait aucune affection pour ces bestioles et pas le moindre envie de souiller ses jolies chaussures brodées et sa robe luxueuse de boue, mais faire un caprice maintenant pour le détourner de son devoir n’était pas une option.

« Bien entendu », susurra-t-elle donc avec le sourire le plus angélique du monde. « Même si j’ignorais que les Champions faisaient également office de palefrenier, décidément votre peuple est fascinant », glissa-t-elle ensuite avec une bienveillance mielleuse que le choix de mot ne parvenait pas à atténuer. Palefrenier. Un métier de domestiques, d’esclave qui ne seyait pas à un guerrier prestigieux selon elle.

Comme toujours lorsqu’elle se déplaçait Ezaelle attirait les regards, les courbettes, les salutations veules et craintives. Après tout, si l’endroit été assailli de nains le temps des négociations ils étaient à  Gor, le fort regorgeait encore de natifs, de serviteurs, d’esclaves même comme un pied de nez à cette paix qui devait être signée mais sur laquelle son père se montrer sans compromis. Et pour une fois elle savourait cette démonstration de pouvoirs. C’était pour ça qu’elle était là et pas un énième émissaire : eux ne provoquaient pas cet effet.

Le moment tant redoutait approchant, Ezaelle resta en retrait sur le dallage que les garçons d’écurie s’efforçait de garder propre à l’exception de quelques gerbes de pailles frivoles qui jonchaient le sol.

« Cela me fait penser, je n’ai pas monté à cheval depuis longtemps, une balade vous plairait-t-elle ? », déclara-t-elle soudainement.  Quitte à s’aventurer dans les prairies boueuses des enclos plus loin, autant le faire confortablement jucher sur un cheval scellé. Toujours trop haute, hors d’atteinte.
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Message par Ezaelle Kryos le Ven 1 Juin - 9:24
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Erob




Rencontre au sommet
Évidemment, une petite pique accompagnée d’un sourire hypocrite à souhait fut la réponse de la princesse bien qu’elle accepta son invitation. L’avantage cette fois-ci, c’était que le nain était parfaitement à l’aise de servir de “palefrenier”, car il était tout à fait normal pour un soldat du royaume nain de pouvoir être autonome et vérifie de lui-même tous les aspects du bon déroulement d’une campagne. Et lorsqu’on était en territoire ennemi, surtout dans leur capitale il était important de toujours disposer de montures prêtes à partir en cas d’urgence.

Ainsi le nain ne se démonta pas pour un sou, lui rendant son sourire alors qui s’exprimait d’une voix douce :

— N’y voyez rien de fascinant princesse, pour nous il n’y a pas de honte à maîtriser plusieurs disciplines. Savoir s’occuper convenablement de créatures qui pourraient s’avérer si dangereuses si on ne les maîtrisait pas est un savoir ton guerrier d’Erob devrait acquérir. Il n’y a bien que des ignares qui pourrait s’offusquer du métier d’une personne dont il ne pourrait se passer. Je ne pourrais pas décemment me moquer d’un paysan qui nourrit tout mon peuple, et à plus petite échelle je peux pas non plus me moquer des domestiques de votre demeure qui font un travail acharné pour que mes quartiers soient en parfait état et que je mange chaud chaque matin. N’êtes-vous pas d’accord avec moi ?

C’était bien une des différences fondamentales entre leurs deux royaumes. Pour les nains le prestige devait s’acquérir non pas par le titre que l’on portait, mais par les actes que l’on effectue. C’est pour cela que tout le monde pouvait devenir champion, après tout lui-même était un petit orphelin qui avait rejoint l’armée par la force des choses. Chez Gor cependant, c’était le titre qui impose un prestige et qui imposait les actions à effectuer afin de le conserver. Dans un certain recoin de son esprit, le nain ne pouvait s’empêcher d’éprouver un peu de pitié pour cette pauvre Ezaelle. Seulement un peu, car il se doutait pleinement qu’elle appréciait sa position actuelle et qu’elle en jouait. Mais devoir vivre en ayant une ligne de conduite prédéterminée ne serait-ce que par votre nom de famille seraient bien quelques choses qui aurait rendu fou Gildur depuis longtemps.

Alors qu’il la suivait vers les écuries, elle lui proposa de faire une balade à dos de montures. Il ne pouvait décemment pas lui refuser cela, la forcer à marcher alors qu’une alternative existait aurait pu être très mal perçu. Et puis l’occasion était parfaite pour pouvoir discuter au calme avec cette jeune femme sans que personne ne puisse les importuner. Quelque chose soufflait à Gildur que la princesse devait être bien différente lorsque personne avait les yeux posés sur elle. Il espérait simplement qu’elle n’était pas pire.

— Quelle riche idée princesse. Je vais aller nous chercher des montures, je reviens.

Le nain alla chercher un cheval pour la princesse, et se prit un rampant. Deux raisons à cela, la première étant que le nain avait beaucoup plus de facilité à monter ce genre d’animaux qui étaient bien plus communs dans les montagnes, et l’autre était encore plus simple : les rampant étant plus rapide et plus résistant que les chevaux, si la belle s’amusait à lui fausser compagnie, il aurait tout le loisir de la rattraper avant que quelque chose de grave n’arrive. Si elle était pleine de ressources, autant ne pas laisser de munitions.

Tendant bien évidemment la main pour aider la princesse à monter gracieusement sur son cheval, les deux s’élancèrent alors dans les plaines en direction de l’enclos. Autant il avait entendu beaucoup de choses à son sujet, et qu’il était tout à fait normal pour un diplomate de poser ce genre de questions, il tenta d’en apprendre un peu plus sur elle au cours du voyage :

— Votre altesse, je suis vraiment content que nos deux royaumes puissent enfin trouver un accord et je l’espère une paix durable. Cela dit je ne peux m’empêcher d’être suspicieux quant au devenir de cette alliance à la mort de votre père.

Quand il s’assura d’avoir son attention il continua d’une voix bien plus sérieuse et solennelle, digne de ce qu’il devait représenter :

— Je vais présumer de rien, ne vous en faites pas. Mais au vu des bruits qui courent vous comprendrez bien mon inquiétude ne serait-ce que pour le devenir de votre royaume. Si j’entends clairement que vous soutenez votre père dans son entreprise, c’est ce qui fait que je vous en parle d’ailleurs tout de suite, j’ai ouï dire que votre frère lui voyait d’un mauvais œil notre alliance. Je pense que c’est clairement exagéré, mais des bruits qui courent de vos citoyens disaient qu’il aurait même été prêt à déclarer une guerre ouverte. De ce fait, j’aimerais savoir ce que vous en pensez, car la succession à votre père sera déterminante je pense pour l’avenir de tout le pays pas simplement votre royaume.

Et surtout il avait choisi ses mots de la bonne façon. Car si la princesse était réceptive à ce qu'il disait entre les lignes, c'était un potentiel allié lors de cette succession qu'elle pouvait se trouver.
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Message par Gildur Talhammer le Ven 1 Juin - 13:19
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Gor


Bien entendu, les nains et leur morale bien pensante de « tous les métiers se valent » qui pour elle était une terrible hypocrisie. Pensait-il vraiment que les domestiques dont il louait l’efficacité aimait passer le balais et récupérer son pot de chambre ? Oui, tous les métiers étaient indispensables mais non, tous les métiers ne se valaient pas. Le privilège des forts étaient justement de faire les plus agréables et les plus prestigieux. Mais tout cela, Ezaelle s’abstint de le dire pour ne pas donner du grain à moudre à son interlocuteur, se contentant d’un sourire si condescendant dans sa bienveillance qu’il était bien plus insultant que toutes les remarques qu’elle aurait pu faire.

Drapée dans toute sa suffisance, elle savoura donc le fait d’utiliser le Champion d’Erob comme vulgaire palefrenier, car si lui trouvait ça honorable, pour elle il s’avilissait et elle aimait l’idée qu’un nain la serve, fusse-t-il pour lui apporter son cheval. La main tendu était bien inutile dans la mesure ou un serviteur avait mené un petit marche pied de sa propre initiative pour aider Ezaelle à se mettre en selle en amazone tout en restant la gracieuse et digne petite princesse qu’elle était.

C’est ainsi qu’ils s’élancèrent, loin des regards, seul dans l’étendu verte des plaines qui bordaient la capitale ce qui n’empêchait pas Ezaelle de rester parfaitement droite sur sa monture, le menton altier comme si elle était en pleine procession. Perfectionniste comme elle était, elle ne se détendait jamais, ne lâcher pas prise. C’était le meilleur moyen de commettre des erreurs et elle le savait. D’ailleurs, leur discussion prenait un nouvel essor alors qu’il parlait de la paix, de son frère, de succession.

Plus neutre, plus sérieuse, Ezaelle le dévisagea, cherchant à lire derrière son visage bourru les habituels signes de tromperies ou de mesquineries politiques, car ce qu’elle entendait derrière ces paroles jetées à la volée était une proposition. En fait, il y avait tant à dire sur ces quelques phrases qu’il venait de prononcer.

La paix… Il fallait tout son talent pour ne pas trahir un sourire ironique en entendant ses mots. Oui, les nains étaient ici pour signer une offre de paix tout comme le Clos qui lui signait une alliance militaire. Jouer double jeu, un classique en stratégie, d’ailleurs Ezaelle n’était pas supposée être au courant de la manigance, mais tout finissait par ce savoir quand on cherchait avec assiduité et elle avait bien placé ses pions pour suivre la politique de son père dans ses plus retorses courbures afin de ne jamais être pris en défaut.

Alors, tirant enseignement des leçons du paternel, elle prit son air le plus solennel, ravala une réplique acerbe sur le fait que son père n’avait pas encore un pied dans la tombe et se fit presque… mélancolique.

« Oui, il est vrai que mon frère à un tempérament plus… guerrier. Il rêve de batailles et de gloire mais… il a le droit d’aînesse. Et c’est un homme. Tout ce que je peux faire c’est le conseiller en espérant qu’il m’écoute. Et prier pour qu’il se calme un peu avec l’âge »
, souffla-t-elle en parfaite petite sœur qui connaît sa place, n’étant pas encore assez confiante pour afficher ses ambitions trop ouvertement. « Mais que ces sombres pensées ne trouble pas la paix que nous essayons d’instaurer aujourd’hui, même si elle n’est pas éternelle, chaque année que nous ne passons pas à nous entre-tuer compte. Chaque année représente des centaines, des milliers de vie et de chaos épargnés, d’argent que nous pouvons investir pour de meilleures raisons », souffla-t-elle comme inspiré par ce discours de paix. Elle était persuadée que ce mépris envers la guerre brodé d’un soupçon de féminité toute maternelle serait bien plus convainquant que quelques mots creux sur le fait que oui sous son règne elle ferait tout pour conserver la paix entre leurs pays.

A vrai dire, Ezaelle n’aimait réellement pas la guerre, mais elle savait aussi que c’était parfois un mal nécessaire. Elle reine, s’il le fallait, elle n’hésiterait pas, mais il y avait d’autres façons que de gagner l’hégémonie sur Fylog, pourvu que l’on soit patient.

Les yeux perdus dans le vague comme transporté par toutes ces aspirations, elle secoua la tête pour revenir sur terre. Elle ignorait encore ce que pouvait lui apporter un nain, les nains s’il s’engageait au nom de son pays – après tout la succession était une affaire interne – mais avoir un allié n’était pas si mal.

« C’est pour cela que j’espère, qu’en dépit de nos pratiques que vous ne pouvez pas comprendre et de l’orgueil de mon père à ne pas se déplacer en personne, la paix sera signé bientôt entre nos pays »
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Message par Ezaelle Kryos le Jeu 7 Juin - 15:36
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Erob




Rencontre au sommet
Bien sûr le nain n’était pas naïf et savait très bien que même en y mettant pleinement les formes, il abordait tout de même le sujet d’une succession difficile dans une situation où elle ne pouvait de toute façon pas répéter ce qu’elle pensait réellement. La véritable entreprise de Gildur à ce moment précis était tout simplement de la tester, de voir sa réaction et surtout sa maîtrise d’elle-même dans ce genre de situation conflictuelle qui serait typiques des négociations à venir. Et malheureusement pour lui il ne fut pas déçu. Pourquoi malheureusement ? Parce qu’elle gardait parfaitement maîtrise d’elle même, et que cela faisait d’elle quelqu’un de plus redoutable qu’il ne le pensait.

Déceler le faux dans le discours que la princesse avait habilement élaboré pour faire l’ode à la paix n’était pas si facile que ça, et même si Gildur se doutait que quelque chose il n’arrivat pas à mettre le doigt sur ce qui le rendait suspicieux. Ne cherchant alors pas à s’aventurer dans un terrain dont il ne connaissait pas les aboutissants il préféra la mettre en confiance :

— Vous avez sans doute raison. Veuillez me pardonner si je me suis mêlé de choses qui ne me regardaient pas, je pense simplement que c’est le genre de questions qui ne doivent pas rester en suspens même si la réponse est idiotement simple, lorsque les décisions à prendre sont aussi politiques.

Les deux nobles finirent par arriver au niveau des grandes étendues réservées à toutes les bêtes qui pouvaient servir de montures dans les environs. Toutes, non pas vraiment. Les griffons étaient des créatures si particulières et majestueuses, et offertes uniquement aux guerriers les plus valeureux du royaume qu’ils étaient en général tous rassemblés dans la grande tour d’observation au nord-ouest de la ville.

Alors que le nain descendit facilement de son rampant et proposa son aide à la princesse pour descendre, il ne perdit pas de temps pour aller vérifier l’état et le caractère des créatures qui ne semblaient pas particulièrement stressées. Les chevaux et les rampants avaient pour habitude d’être bien traités en Erob. Et visiblement, ici ils n’avaient pas subis de maltraitance.

— En tout cas je ne vous reconnais que vous en occupez visiblement bien ici de nos animaux, ils sont en bonne santé.

Soupirant néanmoins à la dernière remarque de la princesse au sujet de la réaction de Aaron à la non présence du roi de Gor à la table des négociations, il lui répondit d’un air presque dépité :

— Ça malheureusement, je dois vous avouer que si nous avons bien un défaut c’est notre orgueil très mal placé. Je crois tout simplement que Aaron n’a pas supporté d’être reçu sans le moindre honneur auquel il devait s’attendre. Et je crois qu’il est simplement vexé que votre roi n’estime pas nécessaire présence un sommet d’une telle importance. Pour moi cela sous-entend tout simplement que votre roi n’a aucun intérêt à ce que la guerre cesse.


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Message par Gildur Talhammer le Sam 9 Juin - 13:41
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